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Prénom Celine
Age 25
But du voyage Tourisme
Date de départ 03/10/11
Nom Cetre
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Durée du séjour 1 an
Nationalité France
Description
Voyageuse dans l'âme, voilà que je me lance dans un nouveau défi : après l'Australie, place à l'Amérique Latine. 1 an, c'est le temps dont je dispose pour en faire le tour. Quasiment tous les pays de cette région du globe seront visités.
Le challenge s'annonce plus compliqué que lors de mon précédent voyage. En effet, en Australie je n'avais pas vraiment à me soucier de problèmes tels que l'insécurité, les dangers sanitaires, ou encore le passage de multiples frontières. À cela s'ajoute la barrière de la langue, puisque je ne parlais pas un mot d'espagnol au moment de partir. Mon périple va donc débuter par deux mois de cours d'espagnol au Guatemala, logée chez une famille guatémaltèque. S'en suivra 1 mois de volontariat, toujours au Guatemala. Ensuite, ce sera l'aventure. J'irais où le vent me mènera.
Note: 4,9/5 - 50 vote(s).



Localisation : Pérou
Date du message : 11/06/2012
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 Lima et Victor Landa

Comme je vous l’avais expliqué précédemment, le 29 mai je me suis rendue à Lima, capitale du Pérou. Les parents, qui étaient passés par là en avion en venant, m’avaient dit que la ville sentait le poisson et qu’il y avait un magnifique nuage de pollution au dessus. Je ne me réjouissais donc pas de mettre les pieds dans cette ville immense, d’autant plus que, comme toutes les capitales du coin, elle est dangereuse. Seul un quartier de la ville est à peu près correct : le Miraflor, puisque c’est là où viennent tous les touristes et les expatriés. Du coup, ils ont fait des efforts sur la sécurité là-bas, de même que sur la propreté. 

Mais si je n’étais pas enchantée de me rendre là-bas, pourquoi y aller alors ? Déjà, parce que c’est un passage obligé pour aller au Nord du pays, mais ce n’est pas tout. En effet, il est tout à fait possible de repartir à peine arrivé. Dans mon cas, non, car quelque chose de bien particulier m’attendait à Lima : une rencontre avec mon filleul Victor Landa, que je parraine depuis 3 ans via l’association Plan France. J’ai régulièrement des échanges de courrier avec lui et, étant au Pérou, je ne pouvais pas ne pas aller le voir. Il avait fallu que je fixe une date environ 2 mois à l’avance pour que la visite puisse être organisée. Le 31 mai avait été choisi. J’étais donc en avance, et c’est pourquoi je me suis trouvé une petite auberge de jeunesse familiale sympa et pas trop cher dans le Miraflor. Elle n’était pas super confortable et il y avait juste deux salles de bain pour tout le monde, donc il fallait faire la queue le matin, mais c’était ce qu’il y avait de moins cher dans le coin. En plus, il y avait le wifi.  


L’association Plan France a pour but d’aider des communautés défavorisées dans le monde entier, par l’intermédiaire du parrainage d’enfant. En gros, dans chaque communauté il y a un ou plusieurs enfants qui sont désignés pour être en quelque sorte les « têtes d’affiche ». Ils sont les représentants de leur communauté auprès de leur parrain. Ce sont eux qui communiquent avec lui. Mais, l’argent donné par le parrain ne va pas à la famille de l’enfant. C’est bel et bien à la communauté entière qu’il bénéficie. Cela peut-être utilisé pour aider à l’éducation, construire des infrastructures sanitaires, faire des campagnes de sensibilisation sur des thèmes divers,… L’un des buts étant évidemment d’éviter une sorte de favoritisme, qui risquerait d’exclure la famille de l’enfant de la communauté. 

Mon filleul, Victor Landa, fait partie d’une communauté des bidonvilles de Lima, et c’est donc là-bas que je suis allée pour le rencontrer. Mais je ne pouvais pas y aller toute seule. Le 31 mai, j’avais donc rendez-vous à 9h au bureau local de Plan Pérou pour y rencontrer mon contact. Tout ce que j’avais, c’était une adresse. Heureusement, j’ai pu voir un peu où c’était grâce à Google Map, et j’ai ensuite demandé à la gérante de mon hôtel comment faire pour y aller en bus. En effet, les distances en ville étant gigantesques, un taxi coute tout de suite 15 Soles, c’est-à-dire le prix d’une nuit en dortoir. J’avais du bol, il existait une ligne de minibus qui ne passait pas loin de mon hôtel et pas loin non plus de ma destination. Je m’étais quand même dessiné un mini plan pour pouvoir me repérer une fois là-bas et trouver le bon endroit. Mais comme le rendez-vous était à 9h, je me suis retrouvée à essayer de prendre un minibus à 8h. Or, vous vous en doutez, à cette heure-ci tout le monde va travailler ou à l’école, et ils étaient tous blindés. J’en ai vu passer trois ou quatre devant moi qui ne se sont pas arrêtés car ils étaient complètement pleins. Et croyez-moi, pour que ce soit plein ici, c’est que vraiment il n’y a plus un seul centimètre carré de libre. Il y avait une tête dehors de chaque fenêtre pour faire plus de place. Mais comme je n’étais pas au départ du bus, je n’avais aucune chance de pouvoir rentrer dedans. Heureusement, le temps passant, il y en a enfin eu un où il restait un peu de place. Pas assise cependant. En soi, ce n’est pas un problème, sauf quand le toit est tellement bas qu’on ne peut pas tenir debout. Pliée en deux comme j’étais, c’était très inconfortable. Je fus soulagée quand, 5 ou 10 minutes plus tard, des gens sont descendus et que j’ai enfin pu m’asseoir. C’est après environ une demi-heure de trajet que je suis arrivée à l’endroit où il me fallait descendre. Grâce mon plan, j’ai vite réussi à trouver la rue du bureau de Plan, mais celle-ci était longue et je ne savais pas exactement à quel endroit se situait le numéro que je recherchais. J’ai quand même fini par le trouver, et je suis même arrivée en avance. 

Une fois là-bas, j’ai rapidement été reçue par mon contact, et quelques minutes après nous montions dans un taxi splendide pour nous rendre au domicile de Victor. Comme je vous l’ai dit, Lima est une ville immense. Il nous a donc fallu rouler pendant plus d’une heure au milieu d’un trafic de fou (aucun de nous n’arriverait à conduire là-dedans sans avoir un accident au bout de 5 minutes, c’est trop l’anarchie) avant d’arriver à destination. En chemin, nous avons récupéré un autre responsable de Plan, qui a des contacts plus étroits avec la communauté de Victor, et qui avait donc plus d’informations à me donner. Alors que nous nous approchions de là où vivait Victor, on m’a expliqué que ce jour-ci avait lieu une simulation de séisme dans tout le pays à 10h pile. Toutes les écoles et autres bâtiments publics devaient y participer, et il était demandé aux locaux de faire de même, malgré l’absence de sirène. À 10h, tout le monde devait se comporter comme si la terre était en train de trembler. À ce moment là, le taxi venait d’entrer dans la communauté de Victor, et il a fallu que l’on sorte de la voiture pour aller sur le terrain de foot nous mettre à l’abri de la chute de débris. Visiblement, les locaux avaient d’autres choses à se soucier car nous étions les seuls sur le terrain de foot, mais bon… 5 minutes plus tard, nous sommes remontés dans la voiture en compagnie d’une personne supplémentaire : une dame de Plan qui est en contact quotidien avec la communauté de Victor. Celui-ci n’était pas chez lui car il était en train d’aider sa mère dans son stand à vendre des poulets et des poissons, mais j’ai quand même pu voir de l’extérieur la maison dans laquelle il habitait. 

Quand on dit « bidonville », l’idée qu’on s’en fait généralement est celle de maisons précaires en taule les unes sur les autres. Ici, ce n’était pas le cas. Lima étant située dans une zone plate immense avec rien autour, ce n’est pas la place qui manque. Il y a donc de la place entre les maisons, et celles-ci sont construites en briques de terre. Les personnes vivant dans ces bidonvilles ne sont pas propriétaires des terres sur lesquelles elles se sont installées, mais ces endroits ont tellement inhospitaliers que de toute manière personne d’autre n’en voudrait. Le gouvernement ne dit donc rien et essaye de récolter des électeurs par ce biais. Plan essaye de faire en sorte que ces communautés ne soient pas oubliées non plus, et se bat pour que certaines choses soient faites pour améliorer leur quotidien. Ainsi, ce n’est que récemment que l’éclairage public a été mis en place là-bas. De même, il y a maintenant une ligne de bus qui permet aux habitants d’éviter de marcher 30 minutes aller et 30 retour chaque jour pour aller jusqu’à la sortie de la zone, où ils ont généralement leur travail ou bien où est l’arrêt de bus pour l’école. 

C’est justement là que se situait le petit stand de la mère à Victor, où je vous ai dit qu’il était en ce moment. Quand nous nous sommes approchés, je l’ai tout de suite reconnu grâce aux photos que j’avais eues de lui à la maison. Il était très heureux de me voir, et moi aussi d’ailleurs. La dame qui s’occupait de la communauté m’avait dit qu’il était tout excité à l’idée de me rencontrer. Sa mère aussi avait l’air contente de me voir et j’ai senti de sa part une chaleur qui faisait plaisir et qui m’a presque donné les larmes aux yeux. Une fois les présentations faites, Victor m’a emmené dans une petite pièce à l’arrière du stand pour me montrer un peu où il vivait. Au début, on ne savait pas trop quoi se dire. Mais heureusement, les responsables de Plan ont aidé à faire démarrer la conversation en lui posant diverses questions. Petit à petit, la gêne est partie et nous avons pu parler de beaucoup de choses. Il m’a dit qu’il venait d’avoir 12 ans et qu’il commençait sa première année à l’école secondaire, l’équivalent de notre collège-lycée en quelque sorte. Il m’a aussi dit que ses résultats scolaires étaient plutôt bons et qu’il rêvait de devenir un jour ingénieur dans le bâtiment. Nous avons ensuite beaucoup échangé sur les différences entre nos deux pays : la nourriture, le climat,… Il n’arrivait pas à imaginer un monde où il fasse encore jour à 21h le soir, et ça l’a aussi beaucoup surpris d’apprendre que Paris était en France. Son émerveillement devant certaines choses que je pouvais lui apprendre faisait plaisir à voir. L’échange était finalement très facile, car Victor n’est pas un garçon timide. Je l’ai trouvé très bien élevé et poli. Après près de 2h de conversation, je lui ai sorti les petits cadeaux que j’avais apporté pour lui et ses camarades : des ballons gonflables, des petits livres en espagnol que j’avais moi aussi lu pour m’entrainer (il a particulièrement aimé « Charlie et la Chocolaterie », dont il avait déjà pu voir le film), et aussi des crayons de couleur avec des cahiers de coloriages (tous ceux que j’avais pu trouver dans la boutique où j’étais allée les acheter). Son sourire et son plaisir devant tout ça m’a beaucoup émue. 

Alors que nous étions en train de parler, sa mère est venue me dire au revoir car elle devait s’absenter encore un moment. À ce moment là, elle a donné des instructions à Victor pour qu’il nous emmène tous dans le petit comedor du coin pour manger le repas de midi. C’est ce qu’il a fait une fois l’heure venue. On avait le choix entre deux plats. J’ai choisi un peu au pif, et je n’ai pas été déçue. C’était excellent, aussi bon que dans n’importe quel restaurant touristique super cher. Pourtant, ça n’a pas dû coûter plus de 1¤. Je ne sais pas exactement combien, car la mère de Victor avait payé à l’avance, mais je sais que ce n’était pas cher. 

Une fois le repas fini, Victor est vite allé se changer pour revêtir son uniforme scolaire dans lequel il était très élégant, car il était l’heure pour lui d’aller à l’école. Celle-ci étant située un peu plus loin, nous l’avons emmené avec le taxi. Comme je vous l’ai dit, ce dernier était très moderne et splendide. Il avait une peinture bleu métallisée, et quand Victor a vu dans quelle voiture il allait monter, il n’en croyait pas ses yeux. Le bouquet, ça été quand le chauffeur a fait sortir l’écran vidéo de son autoradio hi-tech. Les yeux de Victor se sont écarquillés de stupeur et d’émerveillement. Il n’arrêtait pas de répéter qu’il n’était jamais monté dans une voiture comme ça. 

Une fois arrivés à l’école, il fût temps de faire ses adieux. Le responsable de Plan a accompagné Victor jusqu’à a grille de l’école pour lui fournir une excuse, car il était un peu en retard, et nous avons ensuite repris la direction du bureau de Plan où nous sommes arrivés plus d’une heure après. Il m’a ensuite fallu retourner à mon hôtel, mais j’avais oublié de prendre les instructions pour le chemin du retour. Le taxi était donc nécessaire et j’ai pu négocier avec celui que nous avions pris pour aller voir Victor. Le problème était que mon hôtel n’était pas très connu, et qu’il était dans une petite rue dont le nom ne disait pas grand-chose à mon chauffeur. Je n’avais pas de carte et lui non plus, mais en lui donnant quelques instructions, il voyait déjà un peu dans quelle partie de la ville c’était. Et une fois sur place, j’ai pu ensuite me repérer et on a fini par trouver sans trop de problèmes.

 

Cette rencontre avec Victor fût un moment fort de mon voyage, que je n’oublierai jamais. Et aujourd’hui, j’ai encore plus envie de maintenir une correspondance soutenue avec lui, malgré la difficulté de l’éloignement. 

Après ça, j’étais enfin libre de quitter Lima, ce que j’ai fait dès le lendemain matin, direction les montagnes à nouveau, et la ville de Huaraz.



Etapes :
Lima

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Par Juju

le 12/06/2012 à 08:49:27

Coucou Céline.
Ce qui est beau dans ton carnet, c'est que même lorsque l'on décroche quelques jours ou semaines, on a le même plaisir à revenir te lire tant chaque message a sa propre histoire. Et celle-ci, première sur laquelle je suis tombée, est particulièrement forte. Quelle jolie rencontre, et quelle belle démarche de ta part d'être allée jusqu'au bout du monde, dans cette ville que visiblement tu craignais, retrouver ce petit bonhomme et sa communauté. Bravo, je suis admirative.
Ici mon année scolaire se termine doucement, et c'est bien agréable! J'ai quelques jours de libre devant moi jusqu'à fin juin où Tom est encore chez la nounou, Eléa à l'école, et Yann au boulot, et où je vais pouvoir préparer mes nouveaux cours pour la rentrée, j'aime bien cette période-là!
Je t'embrasse fort.
Julie

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Par maman

le 12/06/2012 à 23:25:46

l'article sur ton filleul et la photo sont déjà parus dans le dauphiné; c'est vrai que dans le blog , c'est plus émouvant. Tu as un grand coeur, Céline

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Par Celine Cetre

le 12/06/2012 à 23:35:37

Je m'en doute, parce que dans le Dauphiné je suis limitée au niveau de la taille. Tandis que là, je peux décrire sans limite !

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Par véro

le 13/06/2012 à 15:53:09

Une association comme PLAN , qui travaille sur le terrain, doit forcément avoir un 4x4 en bon état, rien de choquant. Mais n'as-tu pas trouvé un peu choquant ce beau taxi à la peinture bleue métallisée avec l'écran vidéo, auto radio hi-tech etc..?

Victor est drôlement beau... c'est super que tu aies réussi à dépasser les échanges forcément un peu superficiels du début pour bavarder vraiment ensemble. Lui aussi se rappellera de cette journée !

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Par Celine Cetre

le 13/06/2012 à 20:23:55

Non le taxi ne m'a pas choqué, tout simplement parce qu'il n'appartient pas à Plan mais au chauffeur de taxi. Libre à lui d'avoir la voiture de ces rêves, d'autant plus que le prix de la course est le même, que le taxi soit flambant neuf ou bon pour la décharge.

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Par Michèle Battisti

le 17/06/2012 à 22:29:58

Je suis d'accord avec ta maman, Céline. C'est magnifique d'aller à la rencontre de ce jeune garçon qui vit à l'autre bout du monde et qui sait maintenant qu'il peut compter sur ton amitié, tu le lui as prouvé.

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