Kikooboo en français ! Kikooboo in english !
  Dans ce carnet
  

Prénom Celine
Age 25
But du voyage Tourisme
Date de départ 03/10/11
Nom Cetre
    Envoyer un message
Durée du séjour 1 an
Nationalité France
Description
Voyageuse dans l'âme, voilà que je me lance dans un nouveau défi : après l'Australie, place à l'Amérique Latine. 1 an, c'est le temps dont je dispose pour en faire le tour. Quasiment tous les pays de cette région du globe seront visités.
Le challenge s'annonce plus compliqué que lors de mon précédent voyage. En effet, en Australie je n'avais pas vraiment à me soucier de problèmes tels que l'insécurité, les dangers sanitaires, ou encore le passage de multiples frontières. À cela s'ajoute la barrière de la langue, puisque je ne parlais pas un mot d'espagnol au moment de partir. Mon périple va donc débuter par deux mois de cours d'espagnol au Guatemala, logée chez une famille guatémaltèque. S'en suivra 1 mois de volontariat, toujours au Guatemala. Ensuite, ce sera l'aventure. J'irais où le vent me mènera.
Note: 4,9/5 - 50 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 02/05/2012
Diaporama des photos de ce message
  Imprimer


 L’Amazonie bolivienne

Vendredi dernier, je devais donc prendre un avion pour la ville de Rurrenabaque, en Amazonie, qui partait à 10h50 de l’aéroport de La Paz. Il me fallait être là-bas une heure avant pour m’enregistrer, mais comme celui-ci n’était pas juste à côté et que je comptais prendre un minibus local pour m’y rendre, j’ai prévu de la marge et je suis partie de mon hôtel vers 8h30. En effet, on m’avait dit que le minibus pouvait mettre plus de 40 minutes s’il y avait du trafic, et il n’y en avait qu’un toutes les 15 minutes. J’avais laissé une bonne partie de mes affaires derrière moi à l’hôtel, car j’étais limitée à 15kg en bagage de soute et 3kg en bagage à main. Je ne voulais donc prendre aucun risque.

En allant à l’arrêt de bus, j’ai été étonnée de voir que tous les gens me dépassaient dans la rue. Autrement dit, j’étais la plus lente ! Et pourtant, je marchais déjà à un pas soutenu. La raison : tous les autres courraient. Je m’étais habituée à ce qu’en Amérique Latine les gens marchent très lentement, en prenant leur temps, mais là, j’ai été soufflée ! Visiblement, c’est le train de vie des grandes villes. En arrivant au croisement où on m’avait dit d’attendre le bus, alors qu’il me fallait encore traverser la rue, j’ai vu le minibus pour l’aéroport passer juste devant moi, hors de portée. Heureusement, comme toute ville qui se respecte, il y a beaucoup de feux rouges à La Paz. Je n’ai donc eu aucun mal à le rattraper une fois que j’ai pu traverser. Une fois dedans, j’ai été très étonnée de voir qu’il n’y avait que deux autres passagers. Comme d’habitude les bus sont bondés, c’était très étrange. Je me suis alors demandée si je ne m’étais pas trompée de sens, même si c’était bien celui qu’on m’avait indiqué. Je n’ai été rassurée que plusieurs minutes après, quand j’ai vu un panneau indiquant la direction de l’aéroport. Et en fait, ce n’est que beaucoup plus tard que le bus a commencé à se remplir.

Finalement, je suis arrivée à l’aéroport dès 9h30, c’est-à-dire bien plus tôt que l’heure prévue. Quand je suis allée enregistrer mon bagage de soute, j’ai eu la satisfaction de voir que j’avais eu le compas dans l’½il, puisqu’il pesait 14,60kg. La dame de la compagnie aérienne m’a aussi annoncé qu’il y avait du retard dans les vols en raison du mauvais temps à Rurrenabaque qui empêchait pour le moment tout décollage ou atterrissage. Elle m’a donc dit que le vol avant le mien, prévu à 6h30, n’était toujours pas parti et qu’il restait encore de la place à bord. Donc, si je voulais, je pouvais embarquer dans celui-là. Ça m’allait parfaitement, alors elle m’a changé de vol et j’ai obtenu une carte d’embarquement correspondante. Le départ était à ce moment là prévu à 10h30, mais ils l’ont encore repoussé une fois à 11h15. Je plaignais les gens qui étaient là à attendre leur vol depuis 6h du matin. Vers 11h, un type de la compagnie aérienne est venu nous cocher sur sa liste avant d’embarquer, mais deux minutes après j’ai senti qu’il y avait un problème. Il était en pleine discussion avec un passager, et il n’arrêtait pas lancer des regards dans ma direction. Ça ne sentais pas bon, je voyais gros comme une patate que je n’allais finalement pas pouvoir embarquer dans ce vol, et donc devoir attendre deux heures de plus mon vol normal qui lui aussi avait donc été décalé. Et effectivement, c’est ce qui s’est passé. Apparemment, le passager avec qui il discutait était censé être sur le premier vol, mais il ne s’était pas enregistré à temps donc on m’avait donné sa place. Je n’ai pas exactement tout compris leur histoire, mais le fait est que comme il était à la base prévu sur ce vol, il était prioritaire. En revanche, mon sac a eu le droit d’embarquer puisqu’il était en fait déjà à bord à ce moment là. On m’a donc dit qu’il me faudrait le réclamer au bureau de la compagnie aérienne une fois à Rurrenabaque. En attendant, il me fallait prendre mon mal en patience.

C’est à 13h15 que j’ai enfin pu monter à bord de l’avion. Il était minuscule. Comme avion de ligne, je n’en avais encore jamais vu un aussi petit. Il n’y avait que 9 rangées de sièges en tout, et seulement un siège de chaque côté de l’allée centrale. En plus, le cockpit n’avait pas de porte donc on pouvait voir les pilotes et tous les instruments de pilotage. Le temps étant gris, malgré le fait que j’avais un hublot à côté de moi, je ne pouvais pas voir grand-chose du paysage. Mais de toute manière, le paysage a en fait été la dernière chose dont je me suis souciée pendant ce vol. En effet, de par les conditions climatiques et la taille de l’appareil, nous avons été sacrément secoués depuis le décollage. On pouvait sentir qu’on était balloté par le vent, et les trous d’airs ne manquaient pas non plus, me donnant à chaque fois un coup au c½ur. Ce dernier battait à 100 à l’heure, et mes jambes étaient toutes flagadas. Déjà que je ne me sens pas à l’aise en avion en temps normal, là, j’étais terrorisée. Cela faisait à peine 10 minutes que l’on volait, et je ne me sentais pas la force d’en supporter plus. Pourtant, je savais qu’il restait encore au minimum 30 minutes de vol, un atterrissage, mais aussi le retour que j’aurai à faire dans quelques jours ! Heureusement, une fois que nous avons passé les pics de montagnes enneigés et que nous nous sommes retrouvés au dessus de la forêt amazonienne, c’est-à-dire vers la moitié du vol, les turbulences ont cessées et j’ai pu me décrisper un peu. Je crois que je n’avais jamais été aussi contente d’atterrir. Je me sentais soulagée.

L’aéroport de Rurrenabaque n’était en fait qu’une piste d’atterrissage. Il y avait juste un petit bâtiment un peu plus loin qu’ils utilisent pour éditer les cartes d’embarquement, mais c’es tout. Sur la piste, il y avait un minibus de la compagnie aérienne qui nous attendait pour nous récupérer et nous emmener nous et nos sacs en ville. Les passagers qui allaient prendre le même avion en sens inverse pour La Paz étaient aussi là, car ils étaient venus avec le minibus.

Quelques minutes après, nous étions dans le centre de Rurrenabaque, au niveau du bureau de la compagnie. J’ai donc pu récupérer mon sac et me mettre à la recherche d’un hôtel. Une fois cela fait, j’ai écumé les agences de voyages à la recherche du tour que j’allais faire durant les 3 jours à venir. Deux options étaient proposées : pampa et jungle. Pour la pampa, il s’agissait surtout de partir en bateau à la recherche de la vie sauvage : caïmans, piranhas, anacondas, dauphins d’eau douce,… Pour la jungle, il s’agissait plus de marcher à travers la forêt. De ce que j’avais entendu auprès des autres voyageurs que j’avais croisé, si la pampa était effectivement très intéressante, la jungle proposait quelque chose de beaucoup plus dépaysant. J’aurais bien aimé pouvoir faire les deux, mais je n’avais de temps que pour un seul tour. À priori, j’aurais donc été plus intéressée par la jungle, mais en allant d’agences en agences, je me suis rendue compte que la majorité des gens faisaient plus la pampa, et que donc, il n’y avait nulle part assez de personnes pour faire le tour dans la jungle. Finalement, j’ai trouvé une agence que l’on m’avait conseillée qui était spécialisée dans la jungle. Ils ne faisaient que ça, pas du tout la pampa. Et pour cause : elle avait été crée par un type d’une communauté indigène vivant dans la jungle, qui ne faisait travailler comme guide que des membres de sa famille. Et en fait, les tours pour la jungle ne partaient quasiment que de cette agence. De plus, le tour qu’elle proposait, en immersion dans la communauté, paraissait beaucoup plus intéressant que celui des autres agences. J’ai donc décidé de partir avec eux.

 

C’est ainsi que le samedi matin je suis partie de mon hôtel pour me rendre à l’agence, où j’ai mis dans un casier fermé à clé toutes mes affaires dont je n’aurais pas besoin dans la jungle. En plus de celles qu’il me restait, j’ai dû rajouter un matelas, un duvet, la nourriture, mais aussi et surtout une moustiquaire, élément indispensable là-bas. Dans mon groupe, en plus du guide et de la cuisinière, il y avait deux australiens et un couple d’israéliens.

Une fois nos sacs terminés nous sommes allés au bord de la rivière, où nous attendais une barque motorisée qui allait nous emmener dans la communauté située en amont. La barque était très longue, mais faisait à peine plus d’un mètre de large. De plus, elle était très peu profonde si bien qu’on état assis pratiquement au niveau de l’eau et que le moindre déséquilibre la faisait pencher dangereusement, de sorte à ce que l’un des deux bords soit pratiquement sous l’eau. Si l’eau de la rivière avait été assez calme, cela n’aurait pas posé de gros problème. Mais en fait, le courant était très fort et il y avait fréquemment des tourbillons qui faisaient tanguer la barque. Je peux vous dire que celui qui tombe à l’eau doit être sacrément en difficulté. Mais en fait, ce dont j’avais peur n’était pas tant de tomber à l’eau ou bien que la barque se retourne, mais plus que mon sac se retrouve mouillé par l’eau qui rentrait dans le bateau quand celui penchait trop. Comme nous allions dans le sens inverse du courant qui était donc très fort, le moteur avait beau tourner au maximum, nous n’allions pas bien vite. À l’aller, il nous aura fallu 4h pour atteindre la communauté, quand au retour 2h auront été suffisantes pour parcourir la même distance.

Une fois sur la terre ferme, nous avons marché encore 5 minutes, puis nous sommes enfin arrivés au niveau des habitations. Après le repas du midi préparé par notre cuisinière, nous sommes partis pour une petite balade tranquille dans la jungle sans les sacs, l’occasion pour notre guide de nous montrer déjà deux ou trois choses sur les plantes locales. Comme nous n’avions pas pris de sac, nous portions les bouteilles d’eau à la main, ce qui se révélait un peu encombrant à la longue. Mais pas de problème ! À l’aide de fines lianes, notre guide nous a confectionné en deux temps trois mouvements des porte-bouteilles à mettre en bandoulière. Plus loin, il nous a aussi montré la technique utilisée pour faire des toits de feuilles complètement étanches à la pluie, pouvant résister pendant près de 20 ans. Cela prend du temps cependant, car il faut compter bien une semaine pour faire un toit entier.

Pour cette première nuit, nous n’allions pas encore dormir au milieu de la jungle, mais dans un abri de la communauté où nous avions installé nos matelas et moustiquaires. Mais avant de dormir, notre guide nous a conviés à participer à un rituel, dans lequel seul notre groupe était impliqué, destiné à nous protéger dans la jungle pour les deux jours à venir. Car, si la jungle peut fournir tout ce dont un homme à besoin pour survivre, celle-ci est aussi complètement imprévisible et peut prendre la vie quand bon lui semble. Pour se protéger, les indigènes prient donc « Pachamama », la Terre Mère. C’est à celle-ci que le rituel était destiné. Nous nous sommes assis en cercle autour d’un petit autel de bougies et de feuilles de coca, notre guide étant le maître de cérémonie. Il a tout d’abord fallu que prenions tous une bonne poignée de feuilles de coca en bouche, pour en faire une boule que nous allions mâcher tout au long de la cérémonie. Au début, je n’ai pas ressenti trop d’effet, mais quand j’en ai tiré un peu plus de jus que d’habitude, j’ai immédiatement senti un effet anesthésiant dans la bouche. Le guide a ensuite allumé une cigarette qu’il a laissé se consumer sur l’autel, en offrande à Pachamama, tout en récitant des prières adressées à la divinité, demandant notre protection. Il a ensuite allumé une autre cigarette et nous avons tous dû passer un à un devant lui pour qu’il nous asperge la fumée de la cigarette dans les mains et sur la tête pour nous protéger des mauvais esprits de la jungle. Après ça, nous avons pris des feuilles de coca dans la main que nous avons placées sur l’autel en offrande, tout en faisant une prière dans notre tête. Puis, toujours sur l’autel, il a fallu verser un liquide qu’il avait préparé en prononçant la phrase « Cheja ñañu Pachamama », qui est une salutation à la divinité, avant de boire une gorgée du fameux liquide. Je n’avais alors aucune idée de ce que c’était, mais de toute manière je n’avais pas le choix. Une seule gorgée suffisait à mettre la gorge en feu. Et pour cause, il s’agissait en fait d’alcool à 90° coupé avec un peu d’eau. Il devait quand même être encore à 45° avec l’eau. Une fois la partie cérémonielle terminée, notre guide nous a expliqué beaucoup de choses sur sa culture et nous avons pu lui poser toutes les questions que nous voulions avant d’aller nous coucher sous la protection de nos moustiquaires.

 

Le matelas que nous avions était un simple karimat, le même genre en pire que celui que j’avais eu sur le volcan Acatenango où je n’avais pas pu dormir de la nuit. Cependant, cette fois-ci on dormait sur du bois et non sur des pierres. Une différence qui a fait que même si je n’ai pas parfaitement dormi, j’ai quand même pu me reposer, d’autant plus que grâce à la moustiquaire dont j’avais bien colmaté toutes les entrées possibles, aucun moustique n’est venu m’embêter. Ce ne fût pas le cas de tout le monde.

Au petit matin, alors que nous étions encore couchés, il s’est mis à pleuvoir. J’espérais alors de tout mon c½ur que la pluie s’arrête avant que nous ne partions dans la jungle. Heureusement, ce fût le cas. Vers 7h30, alors que nous prenions notre petit-déjeuner (absolument délicieux et calorique soit dit en passant), il ne pleuvait déjà plus. Mais la pluie avait fait des dégâts durant la nuit. En effet, le groupe qui était partit un jour avant nous était en train de dormir dans la jungle quand un arbre est tombé sur leur abri de fortune. Il n’a atterri sur personne, mais l’abri était quand même détruit et ils ont dû retourner à la communauté au milieu de la nuit, à 5h du matin.

Pour marcher dans la jungle, même si la température était plutôt clémente, j’avais été obligée de mette mon seul et unique pantalon long pour me protéger des moustiques. Comme la pluie n’avait cessé que peu de temps avant notre départ, la forêt était encore très humide quand nous nous sommes mis en route, et mon pantalon n’a pas tardé à être trempé jusqu’au dessus des genoux, en plus d’être plein de boue. Ce n’était pas très pratique pour marcher, mais je n’avais pas le choix. En fait, j’ai été rapidement complètement mouillée de sueur, car il faisait chaud et très humide. Après un peu plus d’une heure à marcher dans la jungle, nous avons fait une pause et notre guide s’est mis à couper un tronc d’arbre mort, pourri en son centre, à l’aide de sa machette. Je n’ai compris pourquoi que quand il a enfin réussi à l’éventrer, pour en sortir tout plein de larves blanches de je ne sais quel insecte. Il en a mangé quelques unes crues comme ça avant de nous dire que c’était très bon et très riche en protéines, et en nous demandant si on voulait essayer. Seul l’un d’entre-nous s’y est risqué et à dit que ça avait le goût du lait de coco. Personnellement, je n’ai pas pu. Je ne suis pas encore prête pour Koh-Lanta. Le guide en a ensuite collecté un maximum dans le but de les faire frire pus tard. Un peu plus loin, nous sommes tombés sur une rivière, et il a fallu nous déchausser pour pouvoir la suivre en la traversant à de nombreuses reprises avant d’arriver à l’endroit où le guide a décidé que nous allions construire notre camp. C’était juste un peu après midi, car nous ne pouvions pas trop nous éloigner de la communauté vu que nous devrions rentrer dès le lendemain. Selon le guide, pour complètement appréhender ce qu’est la jungle, il faut y rester minimum une semaine. Le maximum qu’il ai fait avec un groupe était de 45 jours, dont 15 en ne vivant que de ce que la jungle pouvait leur donner.

Pour construire le camp, nous avions quelques bâches et nos moustiquaires, mais il fallait quand même couper des arbres pour pouvoir faire la structure qui allait maintenir tout ça. C’était très intéressant de voir la technique utilisée. Pour faire le feu par contre, on ne nous a pas appris comment le faire avec deux bouts de bois. Le briquet allait très bien pour ça. À l’endroit où nous étions, il y avait des tonnes de moustiques mais aussi et surtout des mouches-abeilles. La seule façon d’être tranquille était de se réfugier sous les moustiquaires. Il fallait se glisser dessous avec beaucoup d’adresse de sorte à ce que les mouches ne rentrent pas dedans avec nous. Malgré tout, il y en avait toujours une ou deux qui y parvenait et il fallait alors ruser pour les faire sortir. Pas facile, mais au bout d’un moment on développe une technique. Par exemple, les Israéliens utilisaient une sorte boite à prélèvement d’urine pour enfermer la mouche et l’expulser ensuite. Moi, je les capturais à l’aide de la housse de mon matelas.

Après le repas du midi et une bonne sieste, nous sommes retournés marcher dans la jungle sans les sacs, mais sans suivre de sentier cette fois-ci. On coupait à travers la végétation, le guide nous ouvrant le chemin à l’aide de sa machette. Le jour commençant à baisser, le guide nous a conduit jusqu’à la même rivière que celle qui bordait notre camp, comme ça même s’il faisait nuit on serait capable de retrouver notre chemin sans lampe. Nous avons alors pris le temps de nous peinturlurer la figure à l’aide d’une roche spéciale, à la manière des locaux, avant de nous essayer à la pêche sans canne à pêche, c’est-à-dire juste avec un fil et un hameçon. Bon, on avait quand même de la viande pour appât, parce que sinon je ne pense pas que ce soit bien efficace. J’ai déjà essayé de pêcher à de nombreuses reprises dans ma vie, avec tout l’équipement nécessaire, mais je n’ai jamais rien attrapé. Eh bien croyez-le ou non, mais avec cet équipement rudimentaire, j’ai attrapé deux poissons, dont un sans même l’avoir hameçonné. Je vous explique : je pêchais à peine à 1 mètre du bord, et je sentais sans arrêt que des poissons mordillaient mon bout de viande, mais quand je tirais brusquement sur le fil il n’y avait jamais rien au bout car ils ne mordaient jamais complètement sur l’hameçon. Mais à un moment, j’ai tiré alors qu’un poisson avait encore les dents dans la viande, parce qu’il a été emporté par l’élan du fil et a été littéralement expulsé hors de l’eau pour atterrir bien plus loin sur la berge. Le deuxième par contre, je l’ai eu proprement. Une fois la nuit bien tombée et qu’il n’était même plus possible de voir son bout de viande accroché à l’hameçon, nous avons arrêté de pêcher et avons suivi la rivière jusqu’au camp où la cuisinière nous avait déjà préparé un bon repas.

Nous étions ensuite sensés nous reposer un peu pour repartir de nuit dans la jungle, avec des lampes, vers 23h. Mais, il s’est ensuite mis à tellement pleuvoir que nous avons dû annuler ce projet. Alors que nous nous endormions dans nos moustiquaires, nous pensions tous à la mésaventure du groupe de la veille, et nous espérions de tout notre c½ur qu’aucun arbre ne se décide à nous tomber sur la tête. Mais heureusement pour nous, rien ne s’est passé et la nuit fût plutôt tranquille, la pluie s’étant arrêtée dès 2h du matin environ. Cette fois-ci, malgré le peu de confort, j’ai très bien dormi en ne me réveillant presque pas.

 

Après un petit-déjeuner une nouvelle fois bien copieux à base de pancakes et d’empanadas frites fourrées au fromage, nous avons démonté le camp, fait nos sacs, et nous avons repris la route de la communauté. Là-bas, nous avons encore fabriqué des bagues et des colliers à l’aide de graines et d’écorce d’arbre avant de reprendre le bateau pour Rurrenabaque où nous sommes arrivés vers 16h30. J’ai encore dormi une nuit là-bas avant de reprendre l’avion pour La Paz mardi matin, toujours avec mon pantalon long plein de boue que je n’avais pas encore pu laver mais que j’étais obligée de porter car je savais qu’il faisait froid à La Paz. Ce mardi, le soleil avait enfin décidé de faire son apparition, ce qui n’était pas pour me déplaire car j’espérais ainsi un vol plus confortable qu’à l’aller. Je l’ai eu… jusqu’à ce que l’on passe les montagnes où là, beau temps ou pas beau temps, les turbulences étaient toujours là. Pendant 10 minutes, jusqu’à l’atterrissage, j’ai une nouvelle fois de plus dû faire preuve de sang froid. Mais ce n’était pas aussi terrifiant que la première fois, car comme cette fois-ci je pouvais voir le sol, et donc mieux me rendre compte de l’inclinaison éventuelle de l’appareil lorsqu’il tanguait, celle-ci n’étant pas aussi importante que ce que je pouvais ressentir.

 

Comme je venais de passer plus de 4 jours à basse altitude, j’avais peur de ressentir le mal de l’altitude en arrivant à La Paz qui, rappelons le, est presque à 4000m de haut ! Mais une fois là-bas, j’étais satisfaite de constater que je ne ressentais pas de symptôme particulier. Après avoir récupéré mon sac, j’ai pris le même minibus que celui de l’aller, en me disant que j’allais reconnaître l’endroit où était mon hôtel. Sauf que le bus a pris une rue parallèle, et que du coup j’ai raté mon arrêt. Je m’en suis inquiétée quand j’ai commencé à ne plus reconnaître mon environnement. Sauf que j’avais oublié ma carte au fond de mon sac, qui était sur le toit du minibus. J’ai fini par descendre au niveau d’une place, ne voulant pas prendre le risque d’aller plus loin. J’ai ensuite récupéré ma carte et j’ai pu voir qu’effectivement, j’étais allée près de 10 pâtés de maison trop loin. En plus, la route en direction de mon hôtel était en montée continuelle, mais je me suis malgré tout lancée à pied sur le chemin, et il m’a fallu environ une demi-heure de marche pour atteindre l’hôtel. Sauf que j’avais oublié un paramètre : l’altitude. Dès que j’ai enlevé le sac de mon dos, j’ai senti ma tête tourner et il a fallu que je m’assoie un moment pour récupérer mes esprits.

 

Demain, je vais quitter La Paz pour aller à Copacabana, une ville au bord du Lac Titicaca. Une fois de plus, je ne sais pas trop si je pourrais avoir Internet, mais après je vais passer au Pérou et là ce sera beaucoup mieux (enfin j’espère).



Etapes :
La Paz
Rurrenabaque

Note: 0/5 - 0 vote(s).

Syndication :

Par Michèle Battisti

le 03/05/2012 à 18:38:54

Quelle épopée entre le vol agité en avion, le bateau au ras de l'eau, les larves peu ragoutantes, les feuilles de coca, les moustiques, la pluie ...
Tu es bien courageuse ! J'admire ...

Répondre à ce commentaire

Par Laurence

le 03/05/2012 à 21:49:00

Quelle aventure!!! Je t'assure que tu es prête pour une aventure comme koh lanta !!! Même si tu ne te sens pas encore au top gustativement ^^
Tu as pas eu peur des rituels pour vous protéger dans la jungle ?
Encore une étape hors du commun en tout cas! Et bravo pour l'avion, le bateau, la marche et j'en passe!!!
Sinon, tu dois te réjouir de l'arrivee des Cetre au Pérou!! Allez plus que quelques jours à tenir!!
Gros bisous Céline!!!


Répondre à ce commentaire

Par Celine Cetre

le 04/05/2012 à 00:49:17

Pour le rituel non, ça allait, ça ne faisait pas trop peur. Ce qui me faisait plus peur en revanche, c'est les explications de tout ce qui pouvait arriver, et le fait que le guide nous a dit qu'il "sentait" que quelque chose de mauvais allait se passer. En plus, il a eu un peu raison puisque même si la pluie était prévisible, l'israélienne s'est quand même fait piquer par une fourmi géante, et elle a eu très mal pendant environ 3h. Il a fallu utiliser une plante anesthésiante que l'on trouve là-bas pour la soulager.
Sinon, effectivement, je suis impatiente de retrouver la moitié de ma famille dans même pas une semaine !
Gros bisous à toi aussi !

Répondre à ce commentaire

Par maman

le 03/05/2012 à 22:41:20

tes blogs sont de vrais reportages; tu en feras un bouquin que tes enfants dévoreront!

En tous cas, quand on sera au Pérou, JE VEUX mâcher des feuilles de coca..jusqu'à sentir un effet..tu saurais t'en fournir?

Répondre à ce commentaire

Par Celine Cetre

le 04/05/2012 à 00:52:26

Pour les feuilles de coca, je ne sais pas si c'est autorisé au Pérou. Il faut que je me renseigne, pas que j'ai des problèmes à la frontière. Mais sinon, ça ne devrait pas être trop dur à trouver. Quand à l'effet, comme je l'ai décrit dans le message, il est surtout anesthésiant. ça ne fait pas tourner la tête. Mais sinon, c'est aussi bon pour le mal de l'altitude, et pour couper la fatigue et la faim.

Répondre à ce commentaire

Par michele

le 04/05/2012 à 19:30:07

sur les conseils de plusieurs personnes et bouquins, j'ai emporté du diamox au cas où pour le mal d'altitude; il y en a aussi qui préconisent de l'homéopathie, mais je n'ai pas fait dans le soft

Répondre à ce commentaire

Par Celine Cetre

le 06/05/2012 à 20:23:59

Fait comme tu le sens. Mai sache qu'il y a aussi des personnes qui conseillent de ne rien prendre, pour ne pas "cacher" des symptômes qui pourraient entraîner la mort.

Répondre à ce commentaire

Par juju

le 06/05/2012 à 13:52:18

Le rituel de protection contre les dangers de la jungle est hallucinant. On se croirait dans un film!
Et sacrée tata Michèle qui veut elle aussi mâcher des feuilles de coca!!
Après une semaine passée tous les 4 en Alsace, nous voilà de retour à Poitiers pour accomplir notre devoir de citoyen et préparer la reprise de l'école et du boulot demain... pour une petite journée, puisque nous repartons lundi soir en vendée rejoindre des copains dans une maison de vacances, histoire de profiter du férié du 08 mai. Pas trop dur le rythme de boulot en ce moment en France!
A+
Julie

Répondre à ce commentaire

Par Celine Cetre

le 06/05/2012 à 20:26:13

Je te confirme qu'effectivement, on se serait cru dans un film. C'était intense comme expérience !

Répondre à ce commentaire

Par michelem

le 06/05/2012 à 22:03:40

pour tous ceux quine sont pas abonnés au Dauphiné libéré (notre journal local), c'est la photo de Céline en indienne avec sa plume et son sourire éclatant qui est paru dans l'édition de samedi avec son dernier article!

Répondre à ce commentaire

Laisser un commentaire







[ Diaporama ]


[ Diaporama
dynamique ]


[ Vidéos ]


[ Suivre ce carnet ]


[ Lire les derniers
commentaires ]


[ Le trajet de
Celine ]




Kikooboo.com (Carnet de voyage / blog gratuit et Assistant de voyage) recommande Get Firefox!
 Publicité : pub-wwfpub-greenpeacepub-amnesty